C’est quoi la monnaie ?

Première partie (Essai de synthèse 14.05.2015 par Pierre Bray)

En préambule. Bien que j’ai déjà abordé ce thème sous plusieurs angles.  Note 1

Il me parait important d’y revenir, que cette « chose » qui fait partie de notre quotidien soit si mal connue est effarant.

Cette ignorance du plus grand nombre permet au petit nombre des capitalistes le mensonge sur lequel est bâtit leur pouvoir.

I) La monnaie est une convention sur un « signe » entre un produit ou un service et celui qui l’utilise.

Ce produit ou ce service répond à un besoin.

Ex : Échanger du vin (le besoin de boire) contre du blé (le besoin de manger.)

Ou des chaussures contre une maison. Protéger ses pieds contre se mettre à l’abri.

Pour des raisons pratiques va être créé une convention entre celui qui propose ses chaussures et celui qui propose une maison.

Car si une maison équivaut à 500 paires de chaussures le maçon n’a besoin que de quelques paires pas de 500 !

On va convenir, par exemple que 500 paires équivalent à 500 signes tout comme une seule maison.

Et donc une paire égal 1 signe et une maison 500.

Si le cordonnier échange 500 paires à 500 personnes différentes il aura 500 signes ce qui lui permettra de les échanger contre une maison.

C’est plus pratique.

La monnaie exprime une fonction sociale ! Note 2, développement. 

Pour étancher ma soif je vais boire (l’usage) de 500 centilitres de vin.

Il s’agit donc d’une transformation, c’est à dire d’une disparition d’un côté et d’une apparition de l’autre. Pour moi de 500 centilitres bue et transformée en énergie pour vivre.

Pour réaliser un besoin, on ne peut donc séparer la chose de son usage !

Je peux aussi, pour manger, transférer l’usage de 500 centilitres de vin contre du blé.

Je vais mesurer 500 cl du vin contre disons 1 kilo de blé. Il faut mesurer pour que la proportion de chacun des produits soit connue de chacun.

Ex : 1 cl de vin égal l’usage de 200 grammes de blé.

Ce qui exprime une valeur d’usage. 

Pour des raisons pratiques vues plus haut on va passer par une convention, une mesure (?) intermédiaire qu’est le signe c’est à dire la monnaie.

Ce qui donne par exemple, un cl de vin égal dix signes et donc cent gr de blé égale 5 signes.

Je me trouve donc avec trois données 1cl de vin = 200 gr de blé = 10 signes.

La monnaie exprime une valeur d’échange ! 

Problème : avec ce nouvel élément intermédiaire on peut séparer la chose (soit du vin transformé en signe-monnaie) du besoin c’est à dire de son usage qui est de le boire !

Deux sortes d’économie. 

Humaine. Une économie qui répond aux besoins, par nature limitée.

Exemple, Je ne peux manger trois tonnes de blé par repas. 

Criminelle (ou folle). Une économie spéculative qui elle est sans limite.   

Exemple, je peux accumuler trois tonnes de monnaie, d’or, voire trois tonnes de blé pour empêcher de manger aux autres et les rendre dépendant de mon bon vouloir. Note 3, un exemple par Aristote. 

(Platon et Aristote proposaient de limiter le patrimoine : soit à 5 fois de la plus petite, soit 15 fois). Note 4

II) De quoi la monnaie est-elle la mesure ? 

Une mesure est un étalon admis par tous. Ex le mètre étalon.

Une fois admis celui-ci ne varie pas ni ne se reproduit.

Hors : 

La monnaie se reproduit, soit par la planche à billets, dit pouvoir de frapper monnaie.

Soit par les crédits accordés, c’est à dire prêter l’argent que l’on n’a pas sans fin…

La monnaie varie suivant les taux d’intérêts, positif ou négatif…

La monnaie fluctue tant entre elles que par rapport aux produits ou services…

La monnaie est donc la mesure du pouvoir ! 

(Une démocratie sans moyen est impuissante, des moyens sans démocratie une dictature)

III) Evolution du pouvoir.  

Le pouvoir de frapper monnaie était diligenté par l’état.

Exemple. En Grèce où Rome. Note 4

Les taux d’intérêt étaient contrôlés par l’état.

Rome dès l’origine et durant tout son règne de la république à l’empire, limitait les taux d’intérêt à un maximum de 12% (Loi des 12 tables). Note 5

Absence de dette publique pendant l’antiquité. Note 7  

Passage du pouvoir de l’état aux spéculateurs. 

A partir de la Renaissance, le pouvoir va progressivement échapper aux états et passer aux mains des intérêts particuliers par le développement de la création monétaire grâce au crédit et l’escroquerie dite des réserves fractionnaires. (Prêter l’argent que l’on n’a pas sans fin…)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_r%C3%A9serves_fractionnaires

Avec cette escroquerie apparaissent les crises régulières. Note 8

A ma connaissance cette pratique frauduleuse était ignorée dans l’antiquité.

Développement des monnaies fictives. Note 9 (ou capital fictif)

Quand l’ombre prend le pas sur l’objet, le besoin, la nature et les humains.

A suivre… pour un développement de ce texte. 

Note 1 : Voir

La monnaie, point faible du capitalisme. 2010

https://pierrebray.wordpress.com/2011/11/29/la-monnaie-point-faible-du-capitalisme/

Sortir du capitalisme, c’est très simple. 2014

https://pierrebray.wordpress.com/2014/02/02/sortir-du-capitalisme-cest-tres-simple/

Euro, traités Européens, quelle solution ? 2014

https://pierrebray.wordpress.com/2014/05/08/euro-traites-europeens-quelle-solution/

Note 2 : Ce passage est inspiré d’Aristote, Je ne peux mieux dire, je cite.  «Mais cet étalon, en vérité c’est le besoin, lequel assure la cohésion de tout la communauté. (…) la monnaie d’ailleurs est devenue une sorte de substitut du besoin, à titre conventionnel. (…) parce qu’elle tient, non pas de la nature mais à la loi et qu’il ne tient qu’à nous d’en changer et de la retirer de l’usage». CF : Ethique à Nicomaque, V 9,5 – P. 185. 

Note 3 : Créer la pénurie pour faire un bénéfice avec une mise minime. La spéculation n’a pas été inventée par Goldman Sachs c’est vieux comme le monde, CF : Aristote, les politiques I 11 1258-b (P.125 Flamarion). Je cite. «Alors que l’on était encore en hiver, il parvint avec le peu de biens qu’il avait, à verser des arrhes pour prendre à ferme tous les pressoirs à huile de Milet et de Chios, ce qui lui coûta peu puisque personne ne surenchérit. Puis vint le moment favorable : comme on cherchait beaucoup de pressoirs en même temps et sans délai, il les sous-loua au prix qu’il voulut.»

Note 4 : Source Aristote, Les politiques, II 6, 1265-b. (P.161). II 7, 1266a. P167. Ed Flammarion.

Il expose aussi les problèmes que cela posent dans un monde où le patrimoine sont « les terres ».

Ces problèmes ne se poseraient pas dans notre monde de patrimoines financiers. (Dématérialisés.)

Note 5 : exemples de sources. Aristote, Les politiques. Pline l’ancien, Histoire naturelle, XXXIII.42.

Note 6 :http://droitromain.upmf-grenoble.fr/Francogallica/twelve_fran.html 

(Pline le jeune dans ses lettres en parle en pratique. CF. Correspondance. Ed : 10/18)

Note 7 : ex, Jean Andreau. Banque et affaires dans le monde romain, Seuil histoire. P220…

Ce point à son importance comme on le verra…

Note 8 : Sur la concomitance de l’apparition des crises régulières et des escroqueries dites des réserves fractionnaires, lire : Yves RENOUARD, Les hommes d’affaires italiens du moyen âge. Ed,  TEXTO.

Plus généralement on peut lire une bonne synthèse sur les crises depuis le XVIIème siècle : Christian Chavagneux, une brève histoire des crises financières. Ed La Découverte.

Note 9 : ex lire, le capital fictif de Cédric Durand. Ed : Les prairies ordinaires.

Sources parmi d’autres : Aristote. Marx, Keines, Jorion, Orléan, et le livre de Massimo Amato. L’énigme de la monnaie, édition du Cerf 2015.

Publicités

2 Replies to “C’est quoi la monnaie ?”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s